Des réserves naturelles sur mesure pour les espèces menacées.

Le modèle chinois a préservé les pandas par la création de réserves naturelles et la lutte contre le braconnage : un exemple à exporter.

 

La création de zones protégées est plébiscitée par les organisations non gouvernementales (ONG) chargées de la protection de la biodiversité. Aires marines protégées, réserves naturelles ou parcs nationaux évitent la destruction des écosystèmes. Toutefois, ces zones ne permettent pas d’assurer la préservation des espèces par leur simple existence. Elles doivent s’accompagner d’une gestion efficace des ressources et d’un suivi scientifique de la faune et de la flore.
Le temps presse pour trouver des solutions. Guerres, braconnage, activités humaines pèsent lourdement sur la biodiversité. D’après la liste rouge établie par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), organisation de sauvegarde de l’environnement, 23.928 espèces, animales ou végétales, sont menacées d’extinction sur 82.954 recensées.
A contrecourant de la tendance générale, la population de pandas géants adultes a progressé passant de 1.596 individus en 2003 à 1.864 en 2013. Les mesures prises par les autorités chinoises ont réussi à préserver leur habitat : création de réserves naturelles regroupant 67% des mammifères noirs et blancs, incitation pour éviter engrais chimiques et pesticides, lois draconiennes contre le braconnage. Fort de ces résultats, l’UICN a décidé de déclasser l’ursidé en espèce « en danger » et non plus menacée d’extinction sur sa liste rouge.  «Cette bonne nouvelle pour le panda géant prouve que lorsque la science, la volonté politique et l’engagement des communautés locales se réunissent, nous pouvons préserver la faune et la biodiversité », a déclaré Marco Lambertini, directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF).

 Pourtant, le panda n’est pas encore sauvé et son habitat reste toujours menacé. A cause du réchauffement climatique, la destruction de 35% des bambouseraies en l’espace de 80 ans pourrait entrainer un nouveau déclin de la population. Cet habitat, souvent de qualité médiocre et fragmenté, engendre aussi des risques de consanguinité et de surmortalité. L’Administration chinoise des Forêts a d’ailleurs jugé « prématurée » la rétrogradation de la protection de l’animal emblématique par l’UICN. Loin de crier victoire, les autorités ont d’ores et déjà annoncé la poursuite des efforts engagés en établissant de nouvelles connexions entre les zones isolées pour assurer la survie de l’espèce.
Une incertitude réside également dans l’augmentation de la population constatée. « Son ampleur est discutable dans la mesure où elle peut provenir en partie d’une amélioration des techniques de comptage », affirme David Garshelis, biologiste à l’université du Minnesota. La méthode de recensement indirect sur la base des bambous non digérés par les pandas et le manque de données sur l’enquête obèrent la fiabilité des conclusions. L’équilibre des pandas reste donc fragile.
Création de réserves, implication des populations locales, recensements et suivis réguliers, la méthode chinoise a donné des résultats. Est-elle transposable à d’autres territoires, y compris aux océans ?

Seulement 4% des océans sous protection

Fin 2016, le président Barack Obama faisait sensation par la création d’une nouvelle réserve dans l’Atlantique Nord, peu après l’extension de celle d’Hawaï, dans le Pacifique. De même, le Royaume-Uni décidait d’étendre la protection de ses territoires d’outremer autour des Iles de Pitcairn, de Sainte-Hélène et de l’Ascension. De telles zones assurent la régénération des espèces et la préservation de la biodiversité. Elles améliorent la résilience des écosystèmes face au réchauffement climatique et à l’acidification des océans. Arrivées à maturité et en progression, les espèces repeuplent également les zones limitrophes, assurant une exploitation durable des ressources.
Greenpeace affirme que les aires protégées devraient occuper 40% de la surface des océans, au-delà des 30% préconisés par les instances internationales. Elles sont estimées en couvrir à peine 4% à ce jour. Or, malgré plusieurs sommets mondiaux, les résultats sont insuffisants. Les aires protégées demandent plus de moyens pour être optimisées : suivi de la diversité biologique, participation des populations locales, contrôles par des organismes scientifiques. Un coût trop élevé que ne peuvent assumer les pays en développement !
Pour Ray Hillborn, scientifique et biologiste marin, les aires marines protégées ne sont pas la meilleure solution. De fait, les espèces en dehors de ces zones continuent à disparaitre. Des mesures ciblées, non limitées à une zone géographique et basées sur la coopération entre ONG et professionnels de la pêche s’avèreraient plus pertinentes. Par exemple, en Alaska, 50% de la plateforme continentale est interdite à certaines formes de pêche et les espèces vulnérables sont préservées par des restrictions spécifiques. D’après Ray Hillborn, une gestion de activités de pêche liée à une législation adaptée à la protection d’espèces en danger, produit des effets plus efficaces sur la préservation des espèces. Protection et gestion doivent donc être associées dans des programmes locaux, nationaux et internationaux et encadrées par des professionnels et des ONG.
Gestion et protection sont-elles réellement la panacée, au risque de favoriser les espèces exploitables et économiquement rentables au détriment des autres ? Et si la protection de l’environnement devenait notre affaire à tous… C’est le pari des organisations Oceana et Skytruth invitant les internautes à surveiller les chalutiers en temps réel pour enrayer la pêche illégale et le braconnage. A quand la protection de l’environnement sur les réseaux sociaux ?

Clarisse Rondier

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